Conception - Prototypes [modifier]

La 4CV en vacances
La Renault 4CV est conçue en quasi secret, en pleine clandestinité, pendant la Seconde Guerre mondiale, à une époque où les entreprises sont sous l'emprise allemande. Les projets à l'origine de la 4CV sont les premiers où Louis Renault, qui ne croit pas en ce véhicule, ne s'implique pas. Trois prototypes voient le jour avant la production de série[6].
Le premier prototype est développé sous la direction de Fernand Picard, directeur technique de Renault. Connu sous le nom de code 106 E, le projet n'est présenté qu'au bout de deux ans, en décembre 1942. Sa structure générale pourrait suggérer que ses concepteurs se seraient inspirés de la Volkswagen Coccinelle, particulièrement pour son avant arrondi[7], mais cette hypothèse n'est pas toujours acceptée[6] et semble même surprenante. En effet, en 1946, le gouvernement français invite Ferdinand Porsche, à cette époque en liberté surveillée, à donner son avis sur la future Renault 4CV. Néanmoins, Pierre Lefaucheux est furieux de cette initiative et exprime très vite son mécontentement au premier ministre : « J’ai accepté de remettre un dossier au professeur Porsche concernant la 4CV dont nous exécutons actuellement les outillages. Nous étudierons bien entendu avec la plus grande attention les remarques qui pourraient être faites, [...] mais il est bien entendu que nous resterons les seuls juges de l’opportunité de suivre ou de ne pas suivre ces suggestions éventuelles ». Le Ministre insistant, neuf rencontres auront lieu, dont l’intervention n’aura aucune influence sur le 4CV. « Nous estimons que la 4CV peut être lancée en série dans un an », déclare Porsche aux représentant du ministre[8].
Fabriqué en aluminium, ce prototype n'a que deux portes et son style est plutôt ingrat[9]. Échappant miraculeusement à un bombardement visant les usines Renault, le prototype effectue ses premiers tours de roues le 4 janvier 1943[10], autour de Meudon[11]. D'une cylindrée de 760 cm3, il atteint 84 km/h sur le plat et réussit à grimper des pentes de 17 % en quatrième vitesse avec quatre personnes à bord[10]. Le prince von Urach, héritier de la couronne du Wurtemberg et directeur de Renault sous l'occupation, se rend néanmoins compte qu'un projet se trame à son insu et interroge Picard sur un curieux engin peint en vert que l'on a vu passer à plusieurs reprises du côté du pont de Sèvres. Picard dément avec force, suspend les essais pendant une quinzaine avant de continuer ses recherches[9] avec une voiture repeinte en noir[12].
En dépit de l’interdiction des autorités d’occupation de poursuivre quelque développement que ce soit et de la préférence de Louis Renault pour un projet de berline 11 CV[10], le deuxième prototype est développé et assemblé en mars 1944. Son dessin est dû à Roger Barthaud, dirigeant du département des carrosseries de Boulogne-Billancourt. Il est largement modifié par rapport au premier projet. Il effectue, lorsque la guerre le permet, quelques tours de pistes pour des essais[13].
Deux événements accélèrent l’évolution du modèle : la libération et l’arrestation de [url=http://www.nos-renault.com//wiki/Louis_Renault_(industriel)]Louis Renault[/url] pour faits de collaboration et, par suite, la nomination de Pierre Lefaucheux à la tête de la Régie Nationale des Usines Renault. Celui-ci saisit l’intérêt du projet et impose d'améliorer le modèle[2]. Très tôt après avoir pris la tête de Renault, Pierre Lefaucheux réalise quelques essais sur un prototype de Renault 4CV. Il est dès lors convaincu de reprendre la conception de ce modèle, en y apportant néanmoins quelques modifications. Il décide alors de remplacer les 2 portes par une version 4 portes, ayant eu des difficultés par sa haute stature à entrer à l’arrière du prototype[14]. Lefaucheux ne possède pas d'affection particulière pour l'automobile en général. Par ailleurs, il considère que l'avenir des entreprises Renault passe par une stratégie fordiste. La seule manière de garantir un prix de vente bas consiste en la fabrication d'un modèle unique adapté à la demande du marché[15].
C'est donc en novembre 1945 que le troisième et dernier prototype, proche de la version de série, voit le jour. À l'inverse des deux précédents, ce prototype est équipé de quatre portes, orientant ainsi le véhicule vers la catégorie familiale[6]. En 1946, les ingénieurs s'aperçoivent que la hauteur des phares n'est pas réglementaire. Or, les machines-outils sont déjà fabriquées. C'est ainsi que Fernand Picard parvient à faire voter à la Commission Nationale Automobile un arrêté modifiant la hauteur des projecteurs à 550 mm[13].

La 4CV en vacances
La Renault 4CV est conçue en quasi secret, en pleine clandestinité, pendant la Seconde Guerre mondiale, à une époque où les entreprises sont sous l'emprise allemande. Les projets à l'origine de la 4CV sont les premiers où Louis Renault, qui ne croit pas en ce véhicule, ne s'implique pas. Trois prototypes voient le jour avant la production de série[6].
Le premier prototype est développé sous la direction de Fernand Picard, directeur technique de Renault. Connu sous le nom de code 106 E, le projet n'est présenté qu'au bout de deux ans, en décembre 1942. Sa structure générale pourrait suggérer que ses concepteurs se seraient inspirés de la Volkswagen Coccinelle, particulièrement pour son avant arrondi[7], mais cette hypothèse n'est pas toujours acceptée[6] et semble même surprenante. En effet, en 1946, le gouvernement français invite Ferdinand Porsche, à cette époque en liberté surveillée, à donner son avis sur la future Renault 4CV. Néanmoins, Pierre Lefaucheux est furieux de cette initiative et exprime très vite son mécontentement au premier ministre : « J’ai accepté de remettre un dossier au professeur Porsche concernant la 4CV dont nous exécutons actuellement les outillages. Nous étudierons bien entendu avec la plus grande attention les remarques qui pourraient être faites, [...] mais il est bien entendu que nous resterons les seuls juges de l’opportunité de suivre ou de ne pas suivre ces suggestions éventuelles ». Le Ministre insistant, neuf rencontres auront lieu, dont l’intervention n’aura aucune influence sur le 4CV. « Nous estimons que la 4CV peut être lancée en série dans un an », déclare Porsche aux représentant du ministre[8].
Fabriqué en aluminium, ce prototype n'a que deux portes et son style est plutôt ingrat[9]. Échappant miraculeusement à un bombardement visant les usines Renault, le prototype effectue ses premiers tours de roues le 4 janvier 1943[10], autour de Meudon[11]. D'une cylindrée de 760 cm3, il atteint 84 km/h sur le plat et réussit à grimper des pentes de 17 % en quatrième vitesse avec quatre personnes à bord[10]. Le prince von Urach, héritier de la couronne du Wurtemberg et directeur de Renault sous l'occupation, se rend néanmoins compte qu'un projet se trame à son insu et interroge Picard sur un curieux engin peint en vert que l'on a vu passer à plusieurs reprises du côté du pont de Sèvres. Picard dément avec force, suspend les essais pendant une quinzaine avant de continuer ses recherches[9] avec une voiture repeinte en noir[12].
En dépit de l’interdiction des autorités d’occupation de poursuivre quelque développement que ce soit et de la préférence de Louis Renault pour un projet de berline 11 CV[10], le deuxième prototype est développé et assemblé en mars 1944. Son dessin est dû à Roger Barthaud, dirigeant du département des carrosseries de Boulogne-Billancourt. Il est largement modifié par rapport au premier projet. Il effectue, lorsque la guerre le permet, quelques tours de pistes pour des essais[13].
Deux événements accélèrent l’évolution du modèle : la libération et l’arrestation de [url=http://www.nos-renault.com//wiki/Louis_Renault_(industriel)]Louis Renault[/url] pour faits de collaboration et, par suite, la nomination de Pierre Lefaucheux à la tête de la Régie Nationale des Usines Renault. Celui-ci saisit l’intérêt du projet et impose d'améliorer le modèle[2]. Très tôt après avoir pris la tête de Renault, Pierre Lefaucheux réalise quelques essais sur un prototype de Renault 4CV. Il est dès lors convaincu de reprendre la conception de ce modèle, en y apportant néanmoins quelques modifications. Il décide alors de remplacer les 2 portes par une version 4 portes, ayant eu des difficultés par sa haute stature à entrer à l’arrière du prototype[14]. Lefaucheux ne possède pas d'affection particulière pour l'automobile en général. Par ailleurs, il considère que l'avenir des entreprises Renault passe par une stratégie fordiste. La seule manière de garantir un prix de vente bas consiste en la fabrication d'un modèle unique adapté à la demande du marché[15].
C'est donc en novembre 1945 que le troisième et dernier prototype, proche de la version de série, voit le jour. À l'inverse des deux précédents, ce prototype est équipé de quatre portes, orientant ainsi le véhicule vers la catégorie familiale[6]. En 1946, les ingénieurs s'aperçoivent que la hauteur des phares n'est pas réglementaire. Or, les machines-outils sont déjà fabriquées. C'est ainsi que Fernand Picard parvient à faire voter à la Commission Nationale Automobile un arrêté modifiant la hauteur des projecteurs à 550 mm[13].






